Comment faire pour garder un secret ?

octobre 17th, 2012 § 8 comments

Ce que j’ai longtemps gardé comme étant un véritable mystère a du être révélé au grand jour. Pendant longtemps j’ai dû me taire pour garder cette chose ultra discrète et très confidentielle. C’était mon jardin à moi, mon lieu intime, mon coffre fort et je ne voulais que personne n’empiète ou n’y fourre son nez. Pas même mon amie, ma sœur, ma mère et encore moins mon propre conjoint.

secretement

J’ai toujours été une fille dévouée, une épouse fidèle, une dame de cœur. J’étais pour mon mari cette compagne agréable, drôle, joviale, toujours de bonne humeur, la camarade rêvée de tous les hommes… Mais tout a basculé ! Cet inconnu, ignoré pendant un long moment de tout le monde, qui, dans mon logement passait incognito était encore plus anonyme que l’anonymat. Il était étranger à leurs yeux mais il m’était familier. Je devais garder la confidence jusqu’au bout. J’avais accepté ce clandestin que j’avais installé dans la pièce inexplorée de mon appartement.

Pour tous les domestiques, cette pièce était une énigme. Mon procédé était illégal mais c’était la seule façon, le seul moyen de le garder dans la confidentialité. Je suis devenu une véritable miss-secret ! De plus, ce n’était pas un hors-la-loi. Lui, grand, beau mystérieux, dont les boucles et la mèche brunes étaient voilées. Son visage devenait de plus en plus réservé. Il restait muet. Prudent, il était réticent à l’idée d’être le fugitif de mon foyer mais pourtant c’était légitime. Il faisait attention à toujours rester poli. Il se montrait silencieux quand le monde se faisait entendre. Dans son regard il y avait quelque chose d’inexplicable et d’incompréhensible. Son regard était à la fois doux et menaçant. Il me scrutait de temps à autre, mais je ressentais une certaine familiarité, alors je n’avais pas peur. C’était très particulier comme sensation. Cette sensation était comme inexprimable presque indicible. Lorsque mon mari était présent, caché dans sa pièce, il devenait comme invisible. Mon mari s’est toujours montré délicat avec lui, il modérait ses propos mais cet homme retenu restait de marbre. Il était impénétrable. Pourtant dans le privé, il avait exprimé la confiance qu’il avait pour moi. Une certaine complicité s’installait alors entre lui et moi, sa secrète miss !

la plus secrète des dames

Dans cette fugace intimité, une certaine connivence s’était créée. Méconnu par les autres, il avait pourtant été un civil très résistant. Dans ce nouveau logement, il vivait une frayeur latente. Endémique, elle le pesait de plus en plus. Dans son profond tourment, tout devenait hermétique et inavoué.

Mon personnel l’effrayait et la voisine du dessus qui, lors de certaines soirées, pratiquait les sciences occultes le faisait mourir de peur. Circonspect, il ne comprenait pas ces démarches ésotériques et initiatiques. En interne, il fallait que chacune de nos paroles reste intransmissible. Le contenu de nos discussions était même codé. Plus les jours passaient et plus je devenais pour lui sa déesse, sa sirène, sa nymphe et même sa lady comme il aimait m’appeler. Nos discussions, se faisaient de plus en plus régulières mais j’avais peur de la révélation. Elle devait arriver. Je devenais, à mon tour, de plus en plus effrayée. Tout était si énigmatique, ce qui rendait la chose encore plus excitante. Cela dit mes émotions étaient totalement absconses et incontrôlables. Notre rencontre s’était faite de manière subreptice et j’avais peur du grand jour. Chez lui tout était de l’ordre de l’arcane et j’ai fini par être, à mon tour contaminée. Désormais, chacun de mes mots était cryptique et mon conjoint ne me reconnaissait plus. A chaque fois que j’allais le rejoindre dans cette pièce, je tentais de feutrer mes mouvements pour ne pas être entendue par mon époux et par ces autres. Celles qui habitaient les autres foyers. J’avais peur que cette union devienne sibylline pour les autres, même si je l’assumais.

Je n’ai jamais voulu ressembler à cette ménagère de comptoir. Ces créatures dont les moindres ragots excitent leur ouïe. Non, je ne voulais pas ressembler à ces accoucheuses de médisances, ces héroïnes de nouvelles indigentes qui font d’elles des égéries de racontars. Ces femmes pleines d’artifices, qui vivent avec leur cachottier, aux aguets, derrière les fenêtres de leur maison, près du téléphone de leur appartement, dans leur foyer, elles sont toutes à l’affût de la nouvelle qui fera jaser. Leur conduite m’exaspérait, leur pratique me donnait envie de gerber, leur procédure était à censurer. Les pompiers.

Ce qui m’insupportait le plus dans leur comportement, c’était ce semblant de complicité qu’elles avaient l’une pour l’autre. Ces fausses unions, qui se nouent et se dénouent, c’était donc ça leur amitié ? Leur liaison était basée sur des méthodes peu conventionnelles. Le mot décent n’avait aucune signification pour ces dames. Elles paraissaient toutes taciturnes voire même mornes. Renfermées dans leur logement, elles détenaient toutes les recettes pour en savoir plus sur les autres. Dans leur semblant de calme obscur, elles prenaient un malin plaisir à tirer sur les ficelles des combines qu’elles avaient manigancées. Robinet.

La formule était très simple, savoir tout avant les autres ! Pour cela, il fallait jouer sur leur paraître. Il fallait se montrer sobre, modeste, simple et distingué. Tout était mesuré dans le moindre détail. Je vivais ce secret incommunicable qui me faisait tellement mal. Dans cette souffrance incommensurable je me suis livrée à l’une d’entre elles. Moi cette demoiselle frêle et naïve, j’ai eu la bêtise de croire que la matrone de ces mégères était plus réfléchie… Elle a tué mon foyer, elle a tué mon amant, elle a tué ma vie.

Pour garder un secret, il suffit de ne pas le dévoiler quelques soient les circonstances.

VN:F [1.9.22_1171]
Rating: 4.7/5 (3 votes cast)
VN:F [1.9.22_1171]
Rating: +2 (from 2 votes)
Comment faire pour garder un secret ? , 4.7 out of 5 based on 3 ratings

Tagged , ,

§ 8 Responses to Comment faire pour garder un secret ?"

  • Madame Cloubiplasti dit :

    Bonjour, voilà je suis un peu boubourse et je m’appelle Akilouche.

    VA:F [1.9.22_1171]
    Rating: 2.3/5 (3 votes cast)
    VA:F [1.9.22_1171]
    Rating: -1 (from 1 vote)
  • J'ean Michel Partilu-Fitrisculape dit :

    oui, très bien ! ce roman à l’eau de rose, j’aime les happy ends !

    VA:F [1.9.22_1171]
    Rating: 5.0/5 (2 votes cast)
    VA:F [1.9.22_1171]
    Rating: +1 (from 1 vote)
  • Bertilde Gagatriliquette dit :

    Monsieur J’ean Michel Partilu-Fitrisculape, veuillez modérer vos propos et avoir des opinions un peu moins tranchées s’il vous plaît, cordialement.

    VA:F [1.9.22_1171]
    Rating: 5.0/5 (2 votes cast)
    VA:F [1.9.22_1171]
    Rating: +1 (from 1 vote)
  • Patriste Soupiraille dit :

    En fait c’est parce que le mari est parti sur le front de l’est, où les bolchéviques empêchaient l’avancée de l’armée du Reich. Comme l’amant est réformé P4 à cause d’une foulure au gros orteil droit et d’un ongle fissuré, il devient sans domicile fixe, ce qui le pousse à venir se réfugier dans un bâtiment dédié à l’hébergement des infirmières de jour.

    Forcément, le secret s’évente rapidement dans ce nid de pipelette en blouse blanche impeccable, à croire que chaque coup de rein résonne à plusieurs kilomètres à la ronde dans ce Vera Cruz, abandonné à la grâce féminine et à la lie de la bassesse masculine, virile et impuissante.

    Poignant.

    VA:F [1.9.22_1171]
    Rating: 2.3/5 (3 votes cast)
    VA:F [1.9.22_1171]
    Rating: -1 (from 1 vote)
  • Eric Brachicourt dit :

    Quelle coquine, j’en ai mis partout dis donc…

    VA:F [1.9.22_1171]
    Rating: 2.3/5 (3 votes cast)
    VA:F [1.9.22_1171]
    Rating: -1 (from 1 vote)
  • araoche dit :

    Monsieur de Soupiraille pouvez-vous déjà écrire ce commentaire en html et le développé un peu plus, il me semble que cela fait partie de vos possibilités. Ce roman est désappointant. Je suis sur qu’il aurait pu s’appeler Anthonny ou le référencement sauvage. Mais cet homme à la jambe de bois a sur faire preuve d’une résistante phénoménale sans capituler. Il n’a pas céder au colaborationnisme comme l’a fait vos cuillers. Il n’a pas profité des tarte au potiron comme l’a fait votre arrière grand père afin de se faire tuer en première ligne alors que leur tajine était un délice. Dans l’attente de votre réponse, je ne vous tire pas ma révérence.

    PS : je vous aime…

    VA:F [1.9.22_1171]
    Rating: 2.3/5 (3 votes cast)
    VA:F [1.9.22_1171]
    Rating: -1 (from 1 vote)
  • Marine Kiminterpelle dit :

    Non mais bande d’ignares ! C’est très simple ! Il suffit de faire Secret Story !
    Moi j’y vais cette année et mon secret c’est que je me sers d’une fourchette comme brosse à dent en gros j’ai une fourchette dans la tarte aux myrtilles !
    Ah ah ! Ça picote les oranges de mes bâtiments !

    Allez, salut bande de claviers d’ordinateur !

    VA:F [1.9.22_1171]
    Rating: 3.0/5 (2 votes cast)
    VA:F [1.9.22_1171]
    Rating: 0 (from 2 votes)
  • araoche dit :

    Vous n’êtes qu’une bande d’inculte, incapable d’être sensible face à cette histoire vrai d’un calimero amoureux d’une bouteille d’eau minérale au couscous magique…

    VA:F [1.9.22_1171]
    Rating: 1.0/5 (2 votes cast)
    VA:F [1.9.22_1171]
    Rating: 0 (from 2 votes)

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Vous pouvez utiliser ces balises et attributs HTML : <a href="" title=""> <abbr title=""> <acronym title=""> <b> <blockquote cite=""> <cite> <code> <del datetime=""> <em> <i> <q cite=""> <strike> <strong>