Quand on parle de phénomènes de communication, on évoque souvent l’échange d’infos. Cependant on peut se demander si la transmission de l’info suffit pour définir un phénomène de com. La com a en effet un objectif conatif : elle cherche à exercer une influence sur celui à qui elle est adressée. C’est un phénomène interactif, alors que la transmission de l’info ne va que dans un sens. Il ne suffit donc pas d’analyser seulement le contenu de la com, il faut aussi identifier la mise en forme du propos, la force qui peut lui être conférée.
L’énonciation est aussi importante que l’énoncé, voire plus. Il va agir sur la cible selon le contact qu’il va créer grâce au support, et attirer plus ou moins l’attention de l’autre.

Après le contact, quand on a su attirer l’attention, il faut garder le lien. La télévision par exemple use de plus en plus de procédés pour garder ce lien avec le spectateur pour l’empêcher de « zapper ». L’énonciation télévisuelle a beaucoup changé avec la prolifération des chaînes : regard caméra, rythme du montage…
L’esthétique va servir à fabriquer un discours télévisuel censé retenir le spectateur. Le fait que les gens aient été tellement éduqués par la télévision pousse aussi le cinéma à aller vite, à ne pas être trop descriptif. Par peur d’ennuyer le spectateur, on ne le laisse plus réfléchir et assimiler l’info. Cette esthétique a changé notre expérience visuelle.
L’influence qu’on souhaite exercer sur la personne implique que la communication n’est pas limitée à faire passer des idées mais aussi à faire réagir de telle ou telle manière. La communication est en ce sens ce qui construit la personne, quelque chose qui met en commun des valeurs, des connaissances et du sensible (= une certaine manière de voir le monde).
Comment faire pour comprendre un phénomène de communication ?,