Comment faire pour… comprendre l’esthétique de la communication ?

février 4th, 2012 § 1 comment

On confond toujours art, culture et esthétique : cette confusion est due à plusieurs raisons :

- Les trois notions sont pratiquement liées entre elles. On ne peut pas parler art sans esthétique et l’on ne peut percevoir l’esthétique d’une œuvre d’art sans être imbibé d’une certaine culture qui s’y rapporte.

- Définir chacune des 3 notions de façon isolé, c’est se livrer à un exercice de gymnastique intellectuellement difficile.

Aucune définition ne peut être précise. Il importe cependant de bien distinguer les trois notions pour en comprendre les liens. Faute de définition précise, on essaye de faire une approche avec le plus de fidélité possible.- Dans la TRINITE -art, culture – esthétique – il faut situer chaque composante en précisant son essence et son rôle.
L’art représente l’objet (la chose) de la production : c’est donc la matière que nous pouvons percevoir par nos organes : c’est l’objet visible, palpable …L’art est le témoin d’une époque dans l’histoire de la société : les us et coutumes – les manières de pensées – l’expression d’une culture sociale : la forme de cathédrale, la forme des tombeaux, les pyramides d’Egypte…

La culture est la faculté d’apprécier l’objet artistique à sa juste valeur. L’œuvre d’art contient un message à faire passer, à communiquer et il faut s’imprégner de la culture correspondante pour comprendre le message… La culture est l’interface qui permet de décoder ou de déchiffrer le message et l’expression contenue dans l’œuvre d’art. La culture est la base de l’esprit critique…

L’esthétique, quant à elle, est contenue dans la forme de présentation de l’œuvre d’art. On la confond avec la beauté….Mais il faut retenir que toute appréciation esthétique est relative : – pour l’exemple, dans le film les dieux sont tombés…, la dame blanche qu’il a rencontré pour la 1ère fois de sa vie est la créature la plus laide que Dieu a faite !…C’est pourquoi, on dit dans le cours que le mot l’esthétique est un terme polysémique (à plusieurs sens, interprétations…).La perception de l’esthétique nécessite un minimum de culture.
Ainsi, les 3 notions art – culture –esthétique sont pratiquement inséparables car elles sont complémentaires

LA PHILOSOPHIE ESTHETIQUE

La philosophie esthétique essaie de procéder à une étude théorique de l’art.
Deux tendances principales apparaissent suivant les courants d’idées exprimées :

Le courant spiritualiste : Qu’est-ce que l’art ?

Cette tendance essaie de donner une définition intrinsèque de l’art, autrement dit, elle considère l’art indépendamment d’autres concepts. Et c’est l’art qui fera apparaître de lui-même la culture et l’esthétique.
Dans ce courant spiritualiste se rangent les philosophes comme KANT. Pour eux l’art est universel et l’esthétique en ressort de façon automatique : Pour en déceler l’esthétique, il faut accéder à un certain niveau de culture.
Pour cette tendance, il faut éduquer les gens pour avoir une culture artistique avec des capacités de jugement aptes à sentir ce qui est beau artistiquement parlant.

Le courant pragmatique : Quand y a-t-il art ?

Pour cette tendance, l’art ne peut pas être défini de façon précise. Un objet est reconnu comme œuvre d’art quand il satisfait à certain critère de beauté et d’esthétique.

Plusieurs philosophes adhèrent à ce courant :
HEIDEGGER, selon lequel l’art est les sciences du comportement sensible et affectif de l’homme, déterminé par certain objet et la question du beau.

BAUMGARDEN : l’art est la science de la connaissance sensible. Il est indissociable de l’esthétique qui est la connaissance parfaite intermédiaire entre la pure sensation et la pure intellection.

HEGEL : l’art est comme un phénomène mais pas une essence. Et l’esthétique est la phénoménologie qui détermine le critère de reconnaissance d’une œuvre d’art.

Selon cette tendance, la reconnaissance d’une œuvre d’art est soumise à la perception de la sensibilité humaine : Or cette perception varie d’un individu à l’autre, donc rien n’est absolu.

Conclusion : les deux tendances divergent sur la forme mais non pas sur le fond : en effet, chaque tendance reconnaît l’existence de l’esthétique et la culture que l’on peut percevoir dans toute œuvre d’art. Seules les façons d’aborder la notion d’art diffèrent.

Théorie de la conduite esthétique

Ce paragraphe décrit une méthode d’étude et d’analyse pour essayer de détecter des signes permettant d’affirmer qu’une œuvre quelconque remplit des critères de classement parmi les œuvres d’art : l’exemple choisi ici est la danse, à l’origine de l’art chorégraphique.

Les procédés avancés sont :

1- L’intentionnalité : une visée artistique dans le but de créer et de faire en sorte que sa création se classe parmi les œuvres d’art .Cette intentionnalité s’exprime obligatoirement par ce qu’on appelle LA DEMARCHE PROGRESSIVE D’ENCODAGE, consistant à réunir tous les éléments assurant la valeur artistique de la production :
* créer une forme et créer un vocabulaire comme encodage de l’œuvre de création
* créer une écriture chorégraphique
* créer une partition en vue de la notation de l’œuvre .
NB Bien distinguer par exemple vocabulaire et écriture chorégraphique : tu peux demander en quoi consiste cette distinction à ton prof car je ne saisis pas très bien la nuance.

Critères de définition d’une oeuvre d’art

Il importe, peut-être de noter qu’il existe seulement, jusqu’à il y a pas longtemps, 6 catégories d’arts universellement reconnus comme tels : récemment le cinéma est accepté pour être classé comme 7è art. … Et actuellement la liste s’intensifie : on parle d’art culinaire, art plastique, art floral etc …. Même les sportifs (tennis, foot Ball, Basket …) sont reconnus comme artistes.

Il importe donc d’établir pour toute production des critères permettant de les considérer comme œuvre d’art. SCHAEFFER propose 5 critères :

IDENTIFICATION GENERIQUE

Il s’agit d’un classement d’objets ou d’événement socialement acceptés ou expertisés comme des œuvres d’art. On peut avancer ce critère pour les disciplines sportives ….

L’ARTEFACTUALITE

C’est le critère retenu pour les créations artificielles. Ce critère est très exigeant car, n’est pas artiste qui le veut : d’où la distinction entre l’artisan et l’artiste, même si l’œuvre d’art puise ses racines dans l’artisanat. L’artisanat doit beaucoup travailler pour être reconnu comme artiste : l’artisan ne signe pas son œuvre et ainsi son œuvre peut-être copiée ou imitée tandis que l’œuvre de l’artiste ne peut pas être retravaillée

L’INTENTIONNALITE

Voir plus haut… Le prétendant artiste doit faire preuve de démarche progressive d’encodage …Cette intentionnalité exige donc du producteur un effort palpable pour que son œuvre soit reconnue comme art.

CRITERE D’INSTITUTIONNALITE

C’est une espèce de révérence, en effet institutionnel qui fait que la signature d’une œuvre soit moins contestable : on utilise la notion de référence … ex : un écrivain qui fait préfacer (présenter) son livre par un autre collègue plus illustre et le livre pourra bien se vendre …ex aussi quand c’est de Victor Hugo, c’est bien ! A Madagascar, par exemple, quand c’est Avaha, c’est bien et en France ….. Quand c’est américain, c’est vachement bien ! …..

CRITERE D’ATTENTION SPECIFIQUE

C’est la disposition personnelle de l’observateur qui fait grand cas de son système interprétatif. L’observateur présente donc une bonne disposition, une bonne volonté de donner un avis favorable à l’œuvre présentée. Il accepte d’avance de ne pas être trop sévère pour accepter l’œuvre comme art.
Note : un seul des 5 critères suffit pour retenir un produit comme œuvre d’art. Il peut être important lors d’un examen de pouvoir reconnaître le(s) critère(s) retenu(s) pour qu’un produit présenté obtienne son classement parmi les œuvres d’art.

CONCLUSION : définition fonctionnelle de l’art

On peut se donner une définition de l’art en répondant à l’une de deux types de question :
1- Question essentialiste : Qu’est-ce que l’art ?
2- Question pragmatique : quand y a-t-il art
?

La réponse à la deuxième question peut s’obtenir par l’énoncé de 4 propriétés :
- avec 3 propriétés relatives à savoir, l’appartenance générique, l’intention esthétique et l’attention esthétique, toutes issues d’une causalité intentionnelle ;
- puis une propriété absolue qui est l’efficacité en étant belle avec la perfection qui écarte toute réserve sur la qualité de l’œuvre d’art.

VN:F [1.9.22_1171]
Rating: 5.0/5 (1 vote cast)
VN:F [1.9.22_1171]
Rating: +1 (from 1 vote)
Comment faire pour... comprendre l'esthétique de la communication ?, 5.0 out of 5 based on 1 rating

Tagged , ,

§ One Response to Comment faire pour… comprendre l’esthétique de la communication ?

  • » Comment faire pour… connaitre les évolutions de la commnication ? Comment faire pour… ? dit :

    [...] communication relative aux services publics va être de deux ordres : – quasi commerciale – plus institutionnelle, [...]

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Vous pouvez utiliser ces balises et attributs HTML : <a href="" title=""> <abbr title=""> <acronym title=""> <b> <blockquote cite=""> <cite> <code> <del datetime=""> <em> <i> <q cite=""> <strike> <strong>